
Version Francophone maj. 03/11/2006
Bien gérer votre ordinateur
Ce chapitre aborde quelques conseils pour gérer l'information courante avec un micro-ordinateur. Il traite des échanges de données entre systèmes d'exploitation et de leurs limitations, de l'archivage, de la création, de la préservation et de la compression des fichiers.Partages de Données avec MS Windows
Comme expliqué au chapitre dédié aux médias de stockage, GNU/Linux Kanotix reconnaît et peut accéder aux systèmes de fichiers MS Windows. Lorsqu'une partition utilisant un tel système de fichiers est "montée", il est possible dans tous les cas de lire son contenu. Il existe par contre des restrictions pour modifier ce contenu.
Pouvoir lire signifie bien sr pouvoir copier vos fichiers sur une partition GNU/Linux, afin de les pouvoir faire évoluer dans Kanotix ou afin de les archiver. Vous noterez srement quelques difficultés de copies liées à l'utilisation abusive sous Windows des espaces dans les noms de fichiers. Cette mauvaise habitude empêche souvent la copie par lots, contraignant à archiver un-à-un les fichiers. Ces espaces, et plus encore les virgules et autre ponctuation peuvent également produire des erreurs à la gravure des données.
L'utilitaire Krename, disponible via "Menu K -> Utilitaires ->Krename" permet de renommer par lots fichiers et dossier en créant des filtres de substitution permettant également de remplacer la ponctuation et les caractères accentués de ces noms, afin de rendre vos copies de sauvegarde aptes à être gravées.
Les partitions et leurs contenus
L'utilitaire de visualisation graphique GtkDiskfree qui une fois installé devient accessible via "Menu K -> Debian -> Applications -> Outils Système -> Gtkdiskfree" ainsi que l'information de la partie "partitions" du Centre d'Informations de KDE vous apportent les renseignements complets sur le degré d'occupation de vos différents systèmes de fichiers.
En mode console, il est également possible de recevoir une information sur l'occupation de l'espace mémoire d'une partition. Celà s'opère par la commande :
$ df -h /dev/id_de_la_partition
Pour connaître l'intégralité de ces informations pour votre ordinateir faites simplement :
$ df -h
Ménager toujours un espace disque libre suffisant est indispensable sur tout système d'exploitation, à la bonne conservation des données. Aussi ne stockez pas d'archives que vous n'utilisez pas sur vos partitions ; préférez les graver et libéber ainsi le plus d'espace disque possible. Considérez que l'occupation de plus de 70% de l'espace disque d'une partition est la limite à partir de laquelle faire le ménage des fichiers qu'elle stocke devient indispensable.
Kanotix efface les contenus du répertoire /tmp à chaque démarrage mais sous MS Windows il est fréquent que la partition système devienne saturée, simplement du fait de l'occupation inutile de fichiers temporaires d'applications ou de navigation internet dans les répertoires (parfois cachés dans les options de l'explorateur) :
C:\Documents and Settings\Utilisateur\Local Settings\Temp,
C:\Documents and Settings\Utilisateur\Local Settings\Temporary Internet Files
et C:\Windows\Temp
Vérifiez TOUJOURS que l'espace suffisant est disponible sur la partition où voulez copier des fichiers ou un répertoire.
En cas de surcharge sur un système de fichiers :
Si une partition Fat32 est saturée et produit des erreurs suite à une tentative de copie de taille supérieure à sa capacité et vous ne parvenez plus à récupérer aucun fichier de celle-ci, vous pourrez tenter de monter son disque dans un boîier externe USB ; parfois cette manoeuvre permet de récupérer peu à peu les fichiers de la partition ayant échappé au massacre.
Échanges de fichiers avec MS Windows
Archivage partagé sur FAT32
L'existence d'une partition FAT32 vous rendra service si vous souhaitez accéder aux mêmes fichiers sous GNU/Linux et sous Windows : par exemple des fichiers musicaux, des photographies, des fichiers d'adresse, etc. Il convient toutefois de savoir que ce système de fichiers n'est pas des plus fiables, aussi n'utilisez pas une telle partition dans l'idée d'y préserver durablement quoique ce soit et pensez à faire des sauvegardes régulières.
La FAT32 présente des limitations :
- Il n'est pas possible d'y gérer des fichiers d'une taille supérieure à 2 Gigaoctets pour la Fat32 Win95, et à 4 Gigaoctets pour la Fat32 ultérieure.
- Les fichiers d'une telle partition ne peuvent conserver les droits particuliers à GNU/linux, qu'ils appartiennent, qu'ils soient ou non restreints en écriture pour tel ou tel utilisateur. La seule possibilité de verrouillage d'un fichier sur FAT32 consiste à écentuellement l'interdire en écriture pour tout utilisateur.
- Quand on copie des fichiers sur une partition en FAT32, ils perdent leur date de fichier pour prendre la date de la copie ; c'est pourquoi dans certains cas préciser leur date dans leur nom même n'est pas toujours inutile.
Linux et NTFS
Sur les partitions de disque en NTFS, l'écriture est proscrite par défaut dans Kanotix. Des pilotes NTFS expérimentaux, Captive NTFS et NTFS-3g, permettent d'y écrire si c'est vraiment indispensable, mais toujours à vos risques et périls !
Parmi les avertissements les plus fréquents relatifs à l'utilisation de Captive, il est prudent de respecter ceux-ci :
- Ne pas créer ni copier de nouveaux fichiers sur la partition. N'utiliser Captive qu'à éventuellement modifier des fichiers existant déjà
- Ne pas y effacer de fichiers ou de répertoire
Utiliser Captive NTFS
Écrire sur NTFS est possible à partir des CD-ROM Kanotix antérieurs à la version d'évaluation 2006-01 RC1 en utilisant le code de démarrage "unionfs" dans la ligne de commande de Grub au démarrage ou en entrant la ligne suivante dans une console administrateur :
# fix-unionfs.sh
Tenter d'écrire sur une partition NTFS n'est recommandable qu'aux utilisateurs expérimentés, prêts à assumer tous les risques d'erreurs possibles et leurs conséquences potentielles. La perte totale des données peut se produire. Quand elle survient, c'est généralement irrémédiable.
Toutes les commandes qui suivent sont des commandes de l'administrateur (root).
Si la partition NTFS est visible sous GNU/linux, par exemple comme /dev/hda1, il faut d'abord la monter :
# mount /dev/hda1
Ensuite il faut charger le pilote nécessaire en utilisant le script prévu à cette fin :
# captive-install-acquire
Si le fichier nécessaire n'est pas présent sur votre disque et si vous disposez d'une connexion à internet, le script tentera de le télécharger - soyez patients dans ce cas, le fichier concerné fait environ 30 Mo.
Démontez alors la partition NTFS:
# umount /mnt/hda1
Puis remontez-la en intégrant le portage du pilote "captive" :
# mount -t captive-ntfs /dev/hda1 /mnt/hda1
Il est alors possible à l'administrateur GNU/Linux d'écrire sur la partition NTFS.
Vous pouvez aussi réaliser l'opération sans utiliser le script "captive-install-acquire":
En copiant les quatre fichiers nécessaires :
'cdfs.sys', 'fastfat.sys', 'ntfs.sys' ,'ntoskrnl.exe'
dans le répertoire "/var/lib/captive".
Utiliser NTFS-3g
Àpartir de Kanotix 2006-01-RC1
Écrire sur NTFS avec NTFS-3g est possible en entrant les instructions suivantes dans une console administrateur :
# fix-unionfs
# umount /dev/XdXX
# mount -o silent,umask=0,no_def_opts,allow_other -t ntfs-3g /dev/XdXX /media/XdXX
NTFS-3g est expérimental !
Tenter d'écrire sur une partition NTFS n'est recommandable qu'aux utilisateurs expérimentés, prêts à assumer tous les risques d'erreurs possibles et leurs conséquences potentielles. La perte totale de données peut arriver. Quand elle survient, c'est irrémédiable.
Fichiers et archives
Préserver un chemin accessible vers les données
GNU/linux vous permet une gestion rigoureuse et rationnelle vous préservant au mieux des pertes de données. Les commandes d'archivage y permettent non seulement de préserver les droits et l'intégrité des fichiers mais également en cas de besoin l'intégralité des chemins de répertoires où ceux-ci peuvent être stockés
Prévenir les pertes de travail dans les logiciels
Il est toujours préférable de sauver son fichier au moment même de sa création dans un logiciel (lorsqu'ayant choisi "Fichier -> nouveau", le nouveau fichier vierge est affiché plutôt que d'attendre d'avoir travaillé sur ce fichier ; ainsi peut-on ensuite prendre l'habitude d'utiliser régulièrement le raccourci : +
en cours de travail, qui préserve de toute perte de temps.
Compresser les archives
Les outils de compression de GNU/Linux sont extrêmement puissants. Vous serez surpris du gain de place que permet la compression sous forme d'archives tar.bz2 de répertoires contenant des documents de traitement de texte.
Si tar.bz2 est actuellement le moyen le plus efficace pour compresser ce type d'archives, la création d'archives zip et autres est également possible avec l'archiveur "Ark" accessible via "Menu K -> Utilitaires -> Fichiers -> Ark" ou dans Konqueror par clic-droit sur un fichier ou répertoire -> Compresser. Les différents choix de compression installéss sur votre système s'offrent alors pour déterminer la nature de l'archive à créer.
Compresser ses données est également recommandé pour adresser des archives en tant que fichiers joints à vos courriers électroniques. Pour un seul fichier, la compression accélère déjà la transmission. Et bien sûr cela permet d'adresser plusieurs fichiers voire plusieurs fichiers dans différents répertoires en une seule et même archive.
Ajôuter un disque dur interne pour étendre son espace de travail
Au-delà des nécessités d'installation vous pourriez avoir besoin d'ajoûter un disque dur à votre station de travail, pour disposer d'espace supplémentaire de stockage de données accessibles en permanence. Cela ne pose aucun problème matériel majeur si vous respectez les conseils apportés dans le chapitre sur la préparation des disques durs.
Le disque ajoûté, vous devrez clairement connaître les adresses de périphérique correspondant à ses partitions. Vous pourrez équiper ces partitions des systèmes de fichiers de votre choix : Reiserfs si vous souhaitez une fiabilité optimale et vfat si l'objectif est de disposer de ressources partagées avec MS Windows. Notez toutefois, dans ce dernier cas particulier, la nécessité d'utiliser une partition logique pour la fat32, afin d'éviter des déboires avec MS Windows. Si votre projet est d'intégrer une partition fat32 au nouveau disque, préférez l'équiper intégralement d'une volume étendu comprenant des uniquement des partitions logiques.
L'important, après la mise en oeuvre technique de l'addition, est de connecter logiquement ce nouveau lecteur de disque afin qu'il devienne accessible aux utilisateurs à chaque démarrage de Kanotix.
Ceci s'opère en éditant le fichier /etc/fstab via la commande administrateur :
# nano /etc/fstab
ou en lançant Kate en mode administrateur via :
$ sux
# kate /etc/fstab
Le fichier fstab se présente comme un tableau dans lequel chaque ligne décrit le paramétrage d'un périphérique. Comme dans tout fichier de configuration, n'allez surtout pas y modifier quoique ce soit sans savoir exactement ce que vous êtes entrain de faire, après vous être documentés avec par exemple $ man fstab et plus généralement tout ce qui vous aidera à clarifier votre compréhension du mécanisme sur lequel vous comptez opérer des modification de configuration.
Voici comment succinctement comment est structurée une entrée dans le fichier fstab :
<file system > | <mount point > | <type > | <options > | <dump > | <pass > |
précise l'adresse du périphérique | désigne répertoire où sera monté ce périphérique | désigne le système de fichiers équipant le périphérique | permet de préciser, sans espace et sur une seule ligne, différentes options pour l'utilisation du périphérique par les utilisateurs | ne modifiez rien aux codes 0 utilisés en standard | ne modifiez rien aux codes 0 utilisés en standard |
Les entrés propres aux partitions systèmes racine et home ont leur structure particulière, qui se présente différemment de celles des entrées des partitions ordinaires.
<file system > | <mount point > | <type > | <options > | <dump > | <pass > |
/dev/hdc1 | / | reiserfs | defaults | 0 | 1 |
<file system > | <mount point > | <type > | <options > | <dump > | <pass > |
/dev/hdc5 | /home | reiserfs | defaults | 0 | 2 |
À l'aide des touches TAB et Espace, vous entrerez au clavier de nouvelles lignes dans le fichier pour permettre le montage de vos nouvelles partitions au démarrage de l'ordinateur.
Comme spécifié dans le tableau précédent, chaque entrée de périphérique se présente sur une seule ligne, en n'utilisant espaces et tabulations que pour séparer les champs et en aucun cas pour séparer des arguments à l'intérieur d'une même entrée de champ.
<file system > | <mount point > | <type > | <options > | <dump > | <pass > |
/dev/hdc5 | /media/hdc5 | vfat | auto, users, exec, umask=000, shortname=mixed, quiet, iocharset=utf8, nosuid | 0 | 0 |
Comme vous pouvez le constater en dehors des adresses spécifiques au périphérique à configurer, l'essentiel réside dans l'entrée des 'options', qui sont figurées ici en passant à la ligne pour un simple souci de mise-en-page dans le manuel mais qui devront, dans la ligne du fichier de configuration fstab, absolument figurer les unes après les autres, séparées par des vigules et sans aucun espace entre elles.
<file system > | <mount point > | <type > | <options > | <dump > | <pass > |
/dev/hdc6 | /media/hdc6 | reiserfs | auto,users,exec | 0 | 0 |
N'oubliez pas de créer les sous-répertoires de /média qui correspondront aux points de montages déclarés de vos partitions, après les avoir ajoûtées dans fstab.
Déplacer le répertoire /home de GNU/Linux
Cette manipulation simple présente des risques pour vos données ; elle est expliquée pour vous faciliter la vie. Elle n'exempte donc pas de sauvegarder en préalable toutes vos données critiques avant de l'engager.
Soit par manque d'espace ou par besoin de configuration, on peut vouloir déplacer le répertoire /home.
La méthode expliquée ici comporte quatre étapes principales :
- Le montage des partitions concernées avec le Live-CD
- Le déplacement des données du répertoire.
- Les changements à opérer dans le fichier de configuration fstab
- Nettoyage des données inutiles
(Ici nous considérerons ici qu'il s'agit de /home sur /dev/hda1, qu'on veut déplacer sur /dev/hdc5, équipé d'un système de fichiers reiserfs)
Après le démarrage du système sur Live-CD on monte les deux partitions concernées par le déplacement, partition source et partition cible :
# mount /dev/hda1 /media/hda1
# mount /dev/hdc5 /media/hdc5
Pour déplacer le contenu du répertoire, on utilise la commande cp :
# cp -Rupv /media/hda1/home/* /media/hdc5
Une fois toutes les données copiées, il faut aller modifier le fichier /etc/fstab :
# nano /media/hda1/etc/fstab
pour déclarer la partition /dev/hdc5 comme répertoire /home du système :
<file system > | <mount point > | <type > | <options > | <dump > | <pass > |
/dev/hdc5 | /home | reiserfs | defaults | 0 | 2 |
Après quoi, on peut supprimer depuis le Live-CD, les sous-répertoires et fichiers localisés dans /media/hda1/home par la commande :
# rm -Rdf /media/hda1/home/*
Faites TRÈS attention à bien terminer vos chemins de répertoires par des slashs aux bons endroits avant d'utiliser les commandes de copie et de suppression. Le répertoire /home vide doit subsister sur /media/hda1, pour servir de point de montage de /dev/hdc5 qui fait désormais office de support de stockage des contenus de /home.